Une usine de notre territoire personnage d’un premier court-métrage


« Le Bas-côté » sera le premier court-métrage d’un jeune réalisateur amiénois, qui a trouvé dans la Communauté Urbaine d’Arras le décor à son histoire. Le tournage a eu lieu il y a quelques semaines, avec en toile de fond la sucrerie de Boiry-Sainte-Rictrude.

Droits photo Abrar Abdau

Après une licence orientée vers le cinéma à Amiens, Richard Palm a éprouvé l’un de ses scénarios au sein du laboratoire du cinéaste Dominique Choisy et en a finalisé l’écriture. Il fallait rapidement à l’histoire son décor inspirant. Le repérage du lieu a été lancé, avec la volonté de tourner dans la région. Richard Palm a trouvé son bonheur sur notre territoire, avec en toile de fond la sucrerie : « Trois personnages se croisent sur un chemin, avec chacun une relation particulière à une usine. Celle de Boiry-Sainte-Rictrude, imposante et bien visible, est ainsi devenue le quatrième personnage du film. »

Dans ce court-métrage, qui parle d’une forme d’aliénation au travail, l’usine permet d’évoquer la place de la femme dans l’univers encore très masculin de l’industrie : « Il y a trois rôles, tenus par Allison Chassagne, Brian Lacoste et William Prunck. Le casting a été une étape importante car les dialogues ont beaucoup de place. Les personnages gravitent autour de l’usine alternant entre fuite et retour. L’usine crée la tension narrative dans ce trio. »

Les trois comédiens devant le réalisateur : de gauche à droite, William Prunck, Brian Lacoste et Allison Chassagne. Droits photo Abrar Abdau

Projet facilité par les mairies

Pour concrétiser son idée, le jeune scénariste et réalisateur s’est appuyé sur l’association Bœuf film, créée il y a peu et dont c’était également le premier projet. Guillaume Lehingue en est l’un des fondateurs : « Nous assurons la production du court-métrage. Celui-ci a été retenu par le fonds émergence de Pictanovo. En proposant un seul décor en extérieur et trois personnages, « le Bas-côté » nous a immédiatement intéressés. C’est une histoire simple qui questionne le monde du travail. Nous sommes partis très vite en repérage et sommes entrés en relation avec les municipalités concernées. Elles nous ont réservé un très bon accueil. Nous nous sommes sentis vraiment soutenus, le projet a été facilité par les mairies. »

Une voiture et des animaux apporteront un ton décalé à cette comédie. Droits photo Abrar Abdau

Salle des fêtes mise à disposition

La météo a été favorable et le tournage a pu se dérouler, fin février, sur les quatre jours prévus, « et pas un de plus ! Un peu plus de vingt personnes ont participé à l’aventure. Nous avions loué deux gîtes, pour respecter les mesures sanitaires. Cette base arrière était à dix minutes du lieu de tournage. » L’équipe régie et logistique apprécie la contribution des maires de Boiry-Saint-Martin et de Boisleux-au-Mont dans le repérage et d’avoir été aidée sur l’aspect matériel. Guillaume Lehingue en est satisfait : « Il y a eu une belle collaboration. Une salle des fêtes a été mise à notre disposition pour prendre nos repas. Des agents des mairies ont barré le chemin pendant que nous tournions. » Richard Palm le précise : « Ce chemin de campagne a permis de donner au film une atmosphère de temps suspendu, comme si c’était un non-lieu. Mais il a bien été tourné dans la Communauté Urbaine d’Arras ! »

Le montage du film a débuté, et l’association audiovisuelle Bœuf film va lancer un financement participatif pour tourner une toute dernière séquence. La diffusion de « le Bas-côté » sera suspendue à l’évolution de la situation sanitaire et à la possibilité pour les événements culturels autour du cinéma de se tenir.

Droits photo Abrar Abdau