Le Home des Rosati, exemple suivi dans la lutte contre les violences conjugales


Le Gouvernement vient d’annoncer la création en France de 16 centres de suivi et de prise en charge des auteurs de violences conjugales (CPCA). Parmi eux, il a retenu le Home des Rosati de la Communauté Urbaine d’Arras. Pionnier de l’éloignement des conjoints violents, pour protéger les victimes et prévenir la récidive, le Home des Rosati a lui-même inspiré le dispositif national.

En 2006 entrait en vigueur une nouvelle loi, relative au renforcement de la répression et de la prévention des violences au sein du couple ou de la famille. À cette occasion, la Communauté Urbaine d’Arras, le Parquet d’Arras et la Préfecture du Pas-de-Calais ont eu la volonté conjointe d’éviter que les auteurs de ces violences récidivent, et ont créé le Home des Rosati. Ce dernier a démarré son activité il y a 12 ans, en décembre 2008.

Éloignement des auteurs de violences conjugales et accompagnement des victimes

Lorsqu’une décision de justice prononce l’éloignement du domicile pour un auteur de faits de violence, le Home des Rosati peut être sollicité pour rendre effective la mesure en le prenant en charge immédiatement. Son suivi socioéducatif se met en place, avec l’objectif de briser le cycle des violences et récidives. Parallèlement, les victimes ne subissent plus la peine de devoir quitter le domicile pour fuir les violences et un accompagnement leur est proposé, afin de les aider à se reconstruire et à faire valoir leurs droits.

Missions confiées à deux associations

Le Home des Rosati fédère un grand nombre de partenaires et œuvre sur le large territoire du ressort du tribunal judiciaire d’Arras, comptant 358 communes. Au centre de ce territoire, la Communauté Urbaine d’Arras assure le pilotage du dispositif et contribue à son fonctionnement à hauteur de 45 000 € par an. Concrètement, les missions du Home des Rosati ont été confiées à deux associations spécialisées. Le Coin familial se charge de l’hébergement des auteurs et de leur suivi éducatif. Solfa (solidarité femmes accueil) organise un programme de responsabilisation des auteurs.

Le Home des Rosati, moins coûteux et plus efficace

Depuis le début de son activité, le Home des Rosati c’est :

  • Plus de 850 auteurs de violences reçus ;
  • 350 entretiens individuels menés chaque année ;
  • 7 à 10 groupes de responsabilisation animés chaque année (représentant jusqu’à 120 séances) ;
  • Un dispositif moins coûteux que d’autres (un « hébergement et responsabilisation » d’un auteur de violences revient à 1 350 euros, contre 3 120 euros s’il est incarcéré pendant un mois) ;
  • Un taux de récidive qui chute à 13,18% (contre 40 %, soit trois fois plus, au niveau national).

Renforcer l'action du Home des Rosati

Dans le cadre du « Grenelle contre les violences conjugales » lancé en septembre 2019, Marlène Schiappa* avait visité le Home des Rosati et souhaité dupliquer cette initiative à l’échelle nationale.

La médiatisation de la problématique des violences conjugales et intrafamiliales a eu pour effet une augmentation de l’activité du Home des Rosati. En comptant parmi les 16 centres de suivi et de prise en charge des auteurs de violences conjugales, dont la création par le Gouvernement a été annoncée par Élisabeth Moreno, le Home des Rosati disposera de moyens supplémentaires, garantissant la prise en charge des auteurs de violences avec réactivité pour les prochaines années. Une convention doit être signée prochainement.

* Alors secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

Le 3919, le numéro de téléphone à composer pour les femmes victimes de violence

Le 3919 écoute, informe et oriente les femmes victimes de violences, ainsi que les témoins de violences faites à des femmes. Il traite les violences physiques, verbales ou psychologiques, à la maison ou au travail, de toute nature (dont les harcèlements sexuels, les coups et blessures et les viols).

L’appel au 39 19 est gratuit, anonyme et ne figure pas sur les factures de téléphone. Ce service est ouvert du lundi au samedi de 9h à 19h. Attention, ce n’est pas un numéro d’urgence (dans ce cas, contacter la police ou la gendarmerie).