Être en forme malgré ses formes


L’excès de poids n’est pas une fatalité. Si on peut s’en porter bien, sans ennuis de santé, il vaut mieux adopter de bonnes habitudes pour s’en prémunir. À l’hôpital d’Arras, un service spécialisé et reconnu prend en charge les personnes touchées par une obésité sévère. Il apporte également son expertise aux autres professionnels de santé, pour améliorer les soins et la prévention de l’obésité.

Une sensation de faim ? C’est votre corps qui vous dit qu’il a besoin d’énergie ! On peut dès lors manger, sans s’accrocher à la sacro-sainte habitude des trois repas par jour. « Ce n’est pas un principe diététique », confirme le docteur Séverine Andrieux [photo ci-contre]. Médecin nutritionniste riche de 25 ans d’expérience, elle œuvre au Centre spécialisé de l’obésité du groupement hospitalier Artois-Ternois.

Situé à l’hôpital d’Arras, ce centre compte parmi les 37 services sur l’obésité labellisés en France. Sa première vocation est d’améliorer la prise en charge de l’obésité, dès lors qu’elle est devenue sévère, c’est-à-dire à partir d’un IMC de 35. « L’IMC est l’indice de masse corporelle. Ce n’est qu’un indicateur. » Pour calculer l’IMC, il faut diviser son poids par sa taille au carré. « Une personne dont l’IMC atteint 35 peut ne pas avoir d’ennuis de santé », relativise Séverine Andrieux.

Séverine Andrieux est l'une des spécialistes de l'équipe du Centre de l'obésité. Photo droits Groupement hospitalier Artois-Ternois, service communication.

« Si on se pose des questions sur son poids, il faut commencer par faire un bilan de santé. Et si on a des soucis, comme des douleurs articulaires, il faut les traiter. Il est important de soigner les problèmes de santé pour ce qu’ils sont, sans compter uniquement sur la perte de poids pour les améliorer. Celle-ci sera toujours bénéfique, mais il n’est pas toujours possible de l’obtenir de façon rapide et durable. D’où l’intérêt de soigner avant tout les symptômes associés à l’excès de poids. C’est après qu’on peut s’interroger sur la corpulence. »

« Manger ce qu’on aime »

Seconde vocation de l’équipe du Centre spécialisé de l’obésité : prévenir cette pathologie et son aggravation pour éviter justement les soucis de santé. La prise de poids reflète le mode de vie actuel, dans lequel on se dépense moins physiquement. « Vouloir contrôler son alimentation pour se conformer à l’injonction sociale de la minceur est une illusion. Le réflexe régime est, malheureusement, le meilleur moyen d’aller vers l’obésité. », avertit Séverine Andrieux. « L’équilibre alimentaire se fait tout au long de l’année. À chacun d’identifier ses besoins selon les périodes. Il faut manger ce qu’on aime tout en étant conscient des raisons pour lesquels on mange. » L’équilibre nutritionnel passe aussi par le goût, en retrouvant le plaisir de cuisiner simplement à la maison. « Donner des chips à son enfant en guise de goûter à la sortie de l’école n’est sans doute pas la meilleure chose, les chips c’est pour l’apéro ! », nuance le médecin nutritionniste.

Le Centre spécialisé de l’obésité réalise une formation « Obésité, surpoids : mythe et réalité » à destination des acteurs de santé du territoire de l’Artois. Avec le Centre hospitalier d’Arras, il participe au contrat local de santé de la Communauté Urbaine d’Arras et intervient aussi par le biais du Comité territorial de l’obésité. Le CTO réunit les acteurs du territoire de l’Artois-Ternois sur diverses thématiques de prévention et d’amélioration des soins, dont les associations de patients comme La Terre est ronde. Celle-ci regroupe les personnes concernées par l’obésité pour s’informer, se soutenir et pratiquer des activités adaptées.

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